Les sept paroles de la Croix
Les évangiles nous rapportent sept paroles que Jésus a prononcées lorsqu'il était cloué sur la croix. Sept paroles, sept courtes phrases qu'il nous faut méditer car elles nous font connaître qui est Jésus et quel est le sens de sa mort. Quand ils furent venus au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les malfaiteurs, l'un à la droite, l'autre à la gauche. Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. Luc 23.33-34 Jésus seul peut prononcer cette prière sublime, parce que le pardon en question concerne le péché le plus horrible, celui d'avoir crucifié le Fils de Dieu. La mise en croix de Jésus a montré toute la méchanceté humaine, mais elle a démontré dans son absolu l'immensité de l'amour divin. Jésus lui dit : En vérité, je te dis : Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. Luc 23.43 La deuxième parole de Jésus sur la croix est une promesse de salut faite par le Juge suprême à un accusé. Non pas un pardon temporaire, mais la paix éternelle ; non la vie continuée sur la terre, mais le royaume de Dieu et la résurrection pour une vie nouvelle dans le ciel. Le brigand, justement condamné, est conscient de la bonté de Jésus, et le prie : «Seigneur, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton royaume». Pas de phase transitoire, pas de jugement à attendre. Le brigand condamné par les hommes est absous par Dieu. Il reçoit l'assurance du salut par la parole du Sauveur lui-même. Jésus est le Sauveur des vies gâchées comme de celles qui ne le sont pas… Près de la croix de Jésus, se tenait sa mère... Jésus, voyant sa mère, et, à côté, le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. ... Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Jean 19.25-27 Jésus ainsi confie tendrement sa mère à son disciple Jean. Comment ne pas être touché par l'affection et les soins que Jésus, malgré ses souffrances croissantes, a montrés à sa mère ? Quelle délicatesse au milieu de la haine environnante ! Mais aussi, quelle dignité, car Jésus reste le Seigneur de sa mère comme de son disciple. Depuis la sixième heure, il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu'à la neuvième heure. Et vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte, disant : Éli, Éli, lama sabachthani ? c'est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Matthieu 27.45-46 Nous ne pouvons aborder cette quatrième parole de Jésus crucifié qu'avec un profond respect. C'est une parole d'importance capitale, d'une immense densité et qui reste insondable pour nous. Non, il ne s’agit pas de la récitation d’un Psaume, le Seigneur n’accomplit pas un « rituel ». Que du contraire, le Psaume 22 – qui contient bien cette parole – est un prophétie annonçant les souffrances du Christ. Le Seigneur expliquera d’ailleurs à deux disciples découragés : Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu'il entrât dans sa gloire ? Luc 24:26. Et il leur montrera, par les livres de la Bible, qu’il devait en être ainsi… Notre Sauveur demeura dans une solitude absolue, abandonné de son Dieu parce qu'il expiait les péchés du monde. Lui, le Fils bien-aimé du Père, était, à ce moment-là, privé de la présence de son Dieu. Pourquoi ? Parce qu'il s'était, par amour, identifié à nous, pécheurs. Après cela Jésus, sachant que tout était déjà accompli, dit, afin que l'Ecriture soit accomplie : J'ai soif. Il y avait là un vase plein de vinaigre : ils placèrent une éponge imprégnée de vinaigre au bout d'un rameau d'hysope, et la lui présentèrent à la bouche. Jean 19.28-29 Cette cinquième parole n’est pas une demande à l’homme, elle ne lui est pas adressée, mais les hommes l’ont entendue et y ont répondu selon que nous lisons au Psaume 69.21 : Dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre. Cette parole rejoint la prière formulée quelques heures plus tôt : Père, je veux, quant à ceux que tu m'as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi… (Jean 17.24) et l’annonce au Livre d’Ésaïe : Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait. (Ésaïe 53.11). Jésus prit le vinaigre, en accomplissement du Psaume 69. Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : C'est accompli. Puis, ayant baissé la tête, il remit son esprit. Jean 19.30 La mission de Jésus sur la terre s'achève. A sa venue, il avait pu dire : «Je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté» (Hébreux 10.7). Maintenant, il a achevé là tout ce que le Père lui avait donné à faire (Jean 17.4). Jésus a parfaitement glorifié Dieu. Chaque croyant peut dire : «Le Fils de Dieu... s'est livré lui-même pour moi» (Galates 2.20). Tout découle de la Croix… Ayant encore crié d'une voix forte, Jésus dit : Père ! entre tes mains je remets mon esprit. Après avoir dit cela, il expira. Luc 23.46 Pas d’agonie, pas un souffle qui s’éteint, mais l’entrée volontaire dans la mort ! Une voix forte, est-il dit ! L'expiation est accomplie, la question de nos péchés est réglée. En parfaite paix, en pleine conscience, Jésus va alors laisser sa vie, donner sa vie. Ayant baissé la tête, il remet son esprit au Père. C'est l'acte final de son sacrifice volontaire. Personne n'avait le pouvoir de lui ôter la vie ! (Jean 10.18), mais il l'a offerte afin que nous puissions recevoir une vie nouvelle, spirituelle, en nous confiant en lui. Il a détruit, par sa mort, la puissance du diable (Hébreux 2.14). A la suite de Jésus, nous pouvons, devant la mort, nous confier paisiblement en notre Dieu et Père.
Ce texte est extrait du site Que dit l'Évangile ? Des lectures du Nouveau Testament par thèmes et par livres, Une lecture commentée du Livre des Psaumes, et des pages des Prophètes d'Israël ainsi que du Pentateuque. |
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