Psaume 133 - Des frères unis ensemble Cantique des degrés. | "Qu'il est bon ! Qu'il est agréable !" Arrivant à la fin de ce parcours des Cantiques des degrés, tournés vers un avenir de paix, une attente non encore accomplie, nous voici devant une expression intemporelle... Une affirmation qui, tout en confirmant un avenir bienheureux, ne se place pas dans une période future, mais se présente comme étant de tous temps. Et, en effet, l'attente de cette perspective messianique peut-elle être vraie sans le désir profond de réaliser cette paix "ici et maintenant", ou du moins d'en vivre quelque peu parmi les croyants ? Nous nous trouvons devant un cri de tout l'être au regard de ce qu'il recherche intensément, de ce qu'il désire vivre ! Les paroles de ce cantique sont bien en phase avec ce qui se vivait lors de la fête de Succot, la fête des Tentes, au cours de laquelle les Israélites vivaient durant huit jours hors de leurs maisons, dans des cabanes de branchages, en souvenir de la traversée d'Égypte et dans la perspective de l'avenir paisible promis à Israël et au monde. Au cours de cette fête, dit le Seigneur Dieu, "tu ne seras que joyeux" (Deutéronome 16:13-15), car elle doit induire dans l'âme le désir qu'il en soit ainsi parmi ceux qui disent connaître Dieu, le Miséricordieux, Dieu qui veut donner ce bonheur aux hommes. | |
- Voici, qu'il est bon et qu'il est agréable que des frères habitent unis ensemble !
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| Souvenons-nous d'où vient le fidèle, de son aspiration à la paix au milieu de peuples qui n'en voulaient rien entendre (Psaume 120:6-7). Et nous comprenons bien cette aspiration de l'âme à trouver un havre de paix au milieu même de la dispersion, dans un monde traversé par tant de courants bien opposés à celui-ci... Et tant de courants destructeurs prétenduement au nom de Celui qui donne la paix ! Le Psaume se poursuit alors en des images qui parlent à tout Israélite. | |
- C'est comme l'huile précieuse, répandue sur la tête, qui descendait sur la barbe, la barbe d'Aaron, qui descendait sur le bord de ses vêtements.
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| "L’huile précieuse répandue sur la tête…" C'est ici une évocation de la consécration du Souverain sacrificateur, du Grand Prêtre. Et plus encore, la consécration d'Aaron lui-même, le premier Souverain Sacrificateur (Exode 29:4-7), établi comme intermédiaire entre Dieu et les hommes, chargé de fonctions rituelles qui expriment cette réalité spirituelle des liens tissés entre Dieu et sa créature (Hébreux 5:1), afin que l'Israélite ait conscience que Dieu qu'ils ne peut voir, qui ne peut habiter avec l'homme sur la terre, que les cieux, et les cieux des cieux, ne peuvent contenir (2 Chroniques 6:18) était bien, moralement, au milieu d'eux (Exode 29:45-46). Afin qu'il ait confiance en Dieu qui révèle sa grâce, sa bonté, et "marche au milieu d'eux" (Lévitique 26:11-12). Cette huile précieuse réservée à l'onction sacerdotale est composée des aromates les plus excellents (Exode 30:22-33). La "myrrhe franche" est la sève d'un arbre d'Arabie, s'écoulant de l'arbre librement, comme si elle était donnée et la "cinnamome aromatique", l'écorce d'un arbre toujours vert, il reste toujours "le même" ; le "roseau aromatique", est expression d'humilité tandis que la "casse" est produite par un arbre majestueux... Ces images ne peuvent-elles pas nous parler du Celui qui s'est donné lui-même (Zacharie 13:5-7), toujours prêt à bénir (Psaume 110:4), venant avec l'humilité du serviteur (Ésaïe 42:2-4) avant d'être élévé dans la gloire (Ésaïe 52:13). L'onction d'Aaron fut un moment extraordinaire pour ce peuple qui entamait dans le désert une nouvelle vie, la vie d'un peuple libéré et mis à part pour être témoin du Dieu Unique au sein d'un monde idolâtre. Une vue des "commencements" complétée alors par une image remplie de la fraîcheur apportée chaque matin par le Seigneur Dieu à ceux qui marchent dans ses voies. | |
- Comme la rosée de l'Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion ; car c'est là que l'Éternel a commandé la bénédiction, la vie pour l'éternité.
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| L’Hermon, seule montagne enneigée de la région, et source du Jourdain reçoit du ciel la rosée qui exprime la bénédiction du pays et du peuple auquel il est donné (Genèse 27:28). Cette bénédiction rafraichissante qui est apportée chaque matin... Comme la parole de Dieu qui descend "comme une pluie fine sur l'herbe tendre, et comme des ondées sur l'herbe mûre" (Deutéronome 32:2), sur les rachetés du Seigneur, objets de ses soins paternels (Deutéronome 33:26-29). Que dire devant les paroles de ce Psaume si court, évocation d'une paix partagée, d'une vie bonne et agréable... Lorsque des "frères habitent unis ensemble", c'est la joie des commencements qui jaillit à nouveau, c'est la fraîcheur de l'onction de Dieu qui se répand (Matthieu 18:20). Mais c'est aussi entrer dans la vie, "ce qui est vraiment la vie" (1 Timothée 6:19) et qui est "pour l'éternité" (vers.3). Quel sens aurait d’attendre la joie à venir sans décider au fond de soi-même de vivre dans cet esprit aujourd’hui... "jusqu'à ce que nous parvenions tous à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ" (Éphésiens 4:11-13). Jusqu'à ce que les rachetés jouissent du repos dans la présence de Dieu, lorsqu'il sera dit : "Voici, l'habitation de Dieu est avec les hommes, et il habitera avec eux ; et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu, et essuiera toute larme de leurs yeux..." (Apocalypse 21:3-4). |
Ce texte est extrait du site Que dit l'Évangile ? Des lectures du Nouveau Testament par thèmes et par livres, Une lecture commentée du Livre des Psaumes, et des pages des Prophètes d'Israël ainsi que du Pentateuque. |
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